Mars 2000
François Cochard
Etude du niveau du signal thermique dans une Audine
en fonction de la température et du temps de pose.
Objet de létude :
Essayant de maîtriser le prétraitement dimages réalisées avec une Audine, jai souhaité mieux comprendre linfluence de la température du CCD et du temps de pose sur le niveau du signal thermique, ainsi que sur les bruits associés.
Une image brute conduit à une valeur pour chacun des pixels de la caméra. Cette valeur brute peut se décomposer en :
Jai voulu ici prendre le temps de mieux connaître le signal thermique. Pour cela, jai fait une série de poses à des températures différentes du CCD, et avec plusieurs temps de pose.
Mode opératoire :
Mesures et résultats :
Le premier tableau ci-dessous résume les valeurs moyenne (ou médiane ?) dans limage, pour chaque température et chaque durée. Cette valeur moyenne est le résultat de la fonction BG dans IRIS.
Note : Vous observerez quil y a deux séries dimages à +2°C. La seconde série (incomplète) a été refaite en fin de journée, pour évaluer la répétabilité des mesures. Vu la proximité des mesures à +2°C, réalisées à plusieurs heures dintervalle, et en ayant modifié la température entre-temps, je considère que ces résultats sont tout à fait fiables. Dans les graphiques qui suivent, je nai pas représent cette seconde série de valeur à +2°C.
0s |
10s |
30s |
60s |
180s |
420s |
600s |
|
-10°C |
2194 |
2197 |
2200 |
2202 |
2212 |
2227 |
2237 |
-6°C |
2189 |
2194 |
2197 |
2202 |
2213 |
2239 |
2256 |
-2,1°C |
2190 |
2194 |
2199 |
2203 |
2222 |
2259 |
2283 |
+2°C |
2189 |
2194 |
2200 |
2207 |
2235 |
2292 |
2341 |
+2°C |
2187 |
2192 |
2196 |
2204 |
2231 |
||
+5,1°C |
2188 |
2194 |
2202 |
2212 |
2252 |
2339 |
2407 |
+10°C |
2195 |
2205 |
2221 |
2243 |
2328 |
2501 |
2631 |
+19°C |
2228 |
2264 |
2316 |
2390 |
2688 |
3249 |
3618 |
Ce second tableau contient maintenant les valeurs de bruit RMS de chaque image (fonction BGNOISE de IRIS).
0 |
10 |
30 |
60 |
180 |
420 |
600 |
|
-10°C |
3,808 |
4,332 |
5,448 |
7,152 |
20,454 |
52,534 |
58,262 |
-6°C |
4,155 |
4,691 |
6,204 |
11,526 |
31,707 |
77,922 |
125,612 |
-2,1°C |
4,101 |
5,404 |
9,08 |
18,797 |
58,103 |
132,972 |
178,784 |
+2°C |
4,065 |
6,119 |
13,903 |
23,958 |
91,58 |
212,661 |
300,32 |
+2°C |
4,196 |
6,17 |
14,724 |
26,611 |
85,247 |
||
+5,1°C |
4,186 |
7,804 |
20,259 |
41,015 |
110,878 |
279,897 |
426,008 |
+10°C |
4,297 |
12,845 |
33,789 |
70,964 |
214,349 |
442,997 |
777,862 |
+19°C |
4,881 |
26,685 |
83,815 |
181,927 |
467,563 |
1199,315 |
1630,721 |
Représentations graphiques, et interprétation :
Avant tout, je rappelle que la chaine de mesure de Audine a une dynamique de 32767 (C est à dire que la valeur maximum dun pixel avant saturation). Le niveau des offsets (cf premier tableau : de lordre de 2190) correspond donc à environ 6.7% de la dynamique totale.
Ce premier graphique présente le niveau du signal thermique en fonction du temps dexposition :

Tout dabord, on observe bien que le niveau de limage augmente linéairement en fonction du temps de pose. Ensuite, on voit que la température du CCD influe très fortement sur la vitesse de montée du signal thermique.
Je propose maintenant une présentation différente de ces mêmes valeurs : Chaque courbe représente maintenant un temps dexposition (et non plus une température).

On constate maintenant que laugmentation du niveau thermique est très sensible à la température du CCD : Il névolue plus linéairement, mais quasi-exponentiellement. Si lon considère quune pose de 10 minutes est déjà une longue pose en CCD, on peut admettre quun refroidissement à moins de +2°C est nécessaire, pour contenir le signal thermique dans des limites acceptables (sans trop perdre de dynamique). Evidemment, plus on peut refroidir, mieux ce sera !
Arrêtons-nous quelques instants sur le niveau des offsets (poses à 0 secondes). Le graphe qui suit ne montre que cette courbe, à différentes températures (cette courbe est en fait contenue dans le premier graphique) :

On constate, jusquà 5°C une très faible sensibilité de loffset à la température. La variation de quelques unités, dun point à lautre, est probablement due à une incertitude de mesure ; il faudrait faire une mesure statistique, basée sur plusieurs images (je rappelle que je nai pris ici quuen seule image). La marche à +2°C vient du fait que cette mesure a été faite deux fois (voir présentation): elle donne une idée de cette incertitude de mesure. Par contre, à partir de 10°C, il apparaît que la température du CCD commence à avoir une influence significative. Moralité : Refroidissez votre CCD à moins de 10°C !
Venons-en maintenant au niveau de bruit. Jai pour cela utilisé, sur les mêmes images la fonction BGNOISE, au lieu de BG.
En fonction du temps de pose, cela donne :

Là encore, bien sûr, le niveau de bruit est linéairement dépendant du temps de pose. Les mêmes données, présentées en fonction de la température donnent :

De nouveau , on observe une forte sensibilité du bruit à la température du CCD !
Merci de me transmettre vos commentaires: francois.cochard@wanadoo.fr